Secteur Amiens-centre, églises de la paroisse : St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°202
Lorsque j’étais enfant, après la pluie, je partais souvent dans la campagne avec mon grand-père pour ramasser les escargots. Pour lui, c’était plus qu’une balade : les escargots en sauce étaient son plat favori ! Ce qui m’étonnait beaucoup, c’est qu’on ne pouvait pas les cuisiner immédiatement : il fallait les faire jeûner 40 jours ! Pourquoi ? Pour que, enfermés dans une grande caisse, ils se nourrissent uniquement avec des aromates et se vident de toute leur bave affreuse. Ainsi, les escargots dodus et insipides devenaient certes un peu plus maigres, mais goutus et surtout… comestibles !
Le carême : un temps de libération
Les 40 jours de carême sont aussi pour nous un temps de purification. Il s’agit de nous rendre « comestibles » pour les autres en étant moins plein de nous-mêmes et davantage plein de Dieu. En jeûnant de ce qui est superflu, en nous nourrissant de la parole de Dieu, en évitant de « baver » par notre médisance, en donnant de nos biens et de notre temps à ceux qui en ont besoin, le Seigneur opère en nous la transformation intérieure : la conversion.
« La joie du Seigneur est votre rempart »
La vie chrétienne est une course d’endurance où l’on a souvent l’impression d’avancer péniblement, comme un escargot. Mais en ce 4 ème dimanche de carême, l’Église nous invite à relever la tête pour regarder la ligne d’arrivée : Pâques, la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.
Ce dimanche « en rose » ou « dimanche de la joie » nous rappelle que la joie chrétienne ne se résume pas à « être de bonne humeur » ; elle est en nous comme un appel : « Réjouis-toi ! Tu es aimé de Dieu, sauvé par lui ; tu es citoyen des Cieux ! » Cultiver en nous cette joie est la meilleure protection contre la tristesse et la désespérance. Comme le dit le prophète Néhémie : « La joie du Seigneur est votre rempart ! »
Consulter Paroisses hebdo en ligne
Paroisses Hebdo n°201
Déjà le troisième dimanche du Carême. Où est-ce que j’en suis dans mon parcours de Carême ? Même pas vraiment lancé ou tout doucement mis en route ? Ou alors ai-je foncé à fond dans la prière, l’aumône et le jeûne, mais peut-être sans trop savoir pourquoi et où cela doit mener ? Le récit de la rencontre de Jésus et de la Samaritaine peut nous aider à discerner le but – l’adoration et la mission – et à repérer les étapes pour l’atteindre – le désir de plus et la reconnaissance de mon indigence.
Première étape : prendre conscience de ma soif de vivre, de mon désir de l’élixir de vie, de « l’eau vive ». Pour cela il faut sortir la tête du guidon, fuir les distractions, cesser la saturation constante des sens (les écrans, les écouteurs, les cigarettes, le grignotage etc.) et m’ouvrir à la rencontre avec les autres et avec Dieu, dans les échanges, la prière et la méditation des Ecritures. Je cherche à me reconnecter à cette soif de vivre, de la vie en plénitude et je ne veux plus me satisfaire de petits ersatz : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n'aie plus soif. »
Deuxième étape : accepter de me regarder en vérité, de faire le point sur ma vie. Je ne peux pas avancer sur mon chemin de Carême sans ce regard lucide sur moi-même et la reconnaissance de mes échecs, de mes blessures et de mes fautes. La prière, l’aumône et le jeûne doivent me conduire à l’aveu de mon indigence profonde : « Je n’ai pas de mari. » La confession du Carême est absolument centrale à cette étape.
C’est alors que jaillit le besoin de Dieu : où et comment le rencontrer, où et comment l’adorer ? « Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
Consulter Paroisses hebdo en ligne
Paroisses Hebdo n°200
Par sa Transfiguration, Jésus a offert une révélation de sa gloire, habituellement cachée, pour soutenir ses Apôtres au moment de l'épreuve de la Passion qu'il venait de leur annoncer. Entouré de Moïse et d'Élie, symboles de la Loi et des Prophètes, il leur apparut avec un visage brillant comme le soleil. Cet épisode rappelle celui de Moïse, revenant de sa rencontre avec Dieu, le visage rayonnant de lumière (Ex 34,29) au point qu’il dût le couvrir d'un voile.
Dans sa seconde épître aux Corinthiens (2Co 3,7-18), saint Paul commente ce passage en comparant la gloire du ministère de la Loi, qui entraînait la condamnation, avec la gloire du ministère de l'Esprit, qui fait de nous des justes. Il souligne que la gloire de l'ancien ministère était passagère, alors que la gloire du nouveau ministère est incomparable et demeure.
En effet, l'auteur compare la révélation de la gloire de l'Esprit à celle de Moïse, qui avait mis un voile sur son visage pour cacher la fin de sa propre gloire passagère. Ainsi, « quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé. Or, le Seigneur, c'est l'Esprit, et là où l'Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. Et nous tous qui n'avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit. »
Friedrich Nietzsche disait qu'il croirait en Dieu le jour où les chrétiens auraient "des gueules de ressuscités". Profitons de notre Carême, pour intensifier nos rencontres avec le Seigneur et nous forger « un visage de ressuscité » afin de témoigner à nos Nietzsche contemporains la lumière de l’Esprit et de les mener eux aussi à la gloire de la résurrection ! L’homme ne vit pas seulement de pain.
Consulter Paroisses hebdo en ligne