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Paroisses Hebdo n°355
Dans sa première encyclique, Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV appelle à développer une « hygiène de l'attention ». Nous parlons volontiers d'hygiène de vie ou d'hygiène alimentaire, cette formulation est moins habituelle, pourquoi cette insistance du Saint Père ?
« Il faut promouvoir une véritable hygiène de l'attention : des rythmes qui prévoient le silence, l'étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée ; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d'être compromise. »
Magnifica Humanitas, 146
Si l'hygiène alimentaire est ordonnée à la santé du corps, l'hygiène de l'attention est ordonnée à la liberté intérieure. Il s'agit que notre âme soit suffisamment dégagée pour pouvoir comprendre, s'orienter, s'engager. C'est une condition pour que notre vie soit véritablement humaine, que notre âme soit en paix.
En 2004, Patrick Le Lay, alors président-directeur général du groupe TF1, n'hésitait pas à déclarer : « dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. » C'est également ce que vendent la majorité des réseaux sociaux, « du temps de cerveau disponible ».
Contre ce système qui risque de nous priver de notre liberté, le pape ne propose pas de grands renoncements héroïques, mais des rythmes simples à retrouver. Le silence, d'abord — ce vide fécond que nous fuyons souvent par réflexe, alors qu'il est la condition pour entendre, imaginer, assimiler tout ce que nous vivons. L'étude approfondie, ensuite, qui demande de rester avec une question plutôt que de l'effleurer. La lecture, bien sûr, qui nous arrache à l'urgence, nous relie à d'autres temps, d'autres pensées. Et une confrontation mesurée des idées, enfin, qui suppose d'écouter vraiment avant de répondre, au lieu de réagir à chaud comme le font tant d'échanges sur les réseaux.
Ces quatre rythmes ont un point commun : ils demandent du temps et de l'effort, là où nos outils numériques nous promettent l'instantané et le sans-effort. C'est précisément pour cela qu'ils nous libèrent. Une liberté qui ne coûte rien n'en est souvent pas une ; la vraie liberté intérieure, celle dont parle l'encyclique, se cultive et se protège.
Bonne rentrée à tous !
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