Secteur Amiens-centre, églises de la paroisse : St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisses Hebdo n°333
« Tous les fidèles sont tenus par la loi divine de faire pénitence chacun à sa façon ; mais pour que tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence, sont prescrits des jours de pénitence… et surtout en observant le jeûne et l'abstinence selon les canons suivants. » (Canon 1249)
Le Code de droit canonique rappelle que la pénitence n’est pas une option pour quelques fervents, mais une dimension constitutive de la vie chrétienne. Tout fidèle, c’est-à-dire tout pécheur ayant accueilli la miséricorde de Dieu, est appelé à cette rééducation de la liberté et de la volonté. Le péché est une défaillance de ces facultés, et la miséricorde de Dieu les guérit. La pénitence agit comme un kinésithérapeute : après la blessure, il faut faire travailler le membre pour retrouver sa force. De même, Dieu nous relève par sa grâce, puis nous demande un effort concret pour restaurer notre liberté et notre volonté.
Cette guérison engage aussi le corps, souvent complice de nos péchés. C’est pourquoi l’Église insiste sur le jeûne et l’abstinence. Si chacun est libre de choisir sa pénitence, l’Église propose des pratiques communautaires, comme le Carême. Jeûner, au sens propre, c’est se priver volontairement de nourriture nécessaire à la vie. Ce geste radical rappelle la dépendance de l’homme, la limite de ses désirs et la nécessité d’ordonner volonté et liberté.
Traditionnellement, le jeûne consiste en un seul repas complet par jour, avec deux petites collations possibles. Aujourd’hui, il n’est obligatoire que le Mercredi des cendres et le Vendredi saint, alors qu’autrefois il s’imposait tous les jours du Carême, sauf le dimanche. Rien n’empêche de faire davantage. Les « jeûnes » modernes - d’écrans, de cigarettes ou d’habitudes diverses - peuvent compléter, mais ne remplacent pas le jeûne véritable.
Celui-ci engage réellement la personne, éprouve la volonté, discipline le corps et rappelle la dépendance devant Dieu. Dans l’Écriture, il accompagne conversion, supplication et décisions importantes. Redonner sa place au jeûne, c’est retrouver le réalisme chrétien : la foi n’engage pas seulement l’âme, mais l’homme tout entier.
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Paroisses Hebdo n°332
L’Église célèbre chaque 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, la Journée mondiale des malades. Dans son message pour cette journée, le pape Léon XIV invite toute l’Église à redécouvrir la figure du Bon Samaritain (Lc 10, 25-37) comme modèle de charité active et de compassion envers les malades et les personnes souffrantes.
La parabole nous montre que le Samaritain, en voyant l’homme blessé, ne « passe pas outre », mais pose sur lui un regard ouvert et attentif. Ce regard le conduit à une proximité humaine et solidaire. L’amour n’est pas passif : il va à la rencontre de l’autre et se manifeste par la proximité, la présence, le don de soi et l’action concrète. Il s’agit de s’approcher de celui qui souffre pour devenir réellement son « prochain ». Ce n’est pas la simple proximité physique ou sociale qui compte, mais la décision d’aimer activement, à l’exemple du Samaritain qui prend soin du blessé et lui consacre son temps et ses moyens.
Le pape Léon XIV souligne également que la compassion, caractéristique essentielle de l’amour actif, ne se vit pas de manière isolée. Inspiré par son expérience pastorale au Pérou, il rappelle l’importance de la responsabilité collective : familles, proches, professionnels de santé, bénévoles et communautés chrétiennes sont appelés à agir ensemble dans une mission partagée de soin et d’accompagnement des malades.
Le soin porté aux personnes souffrantes apparaît ainsi comme une véritable action ecclésiale, révélatrice de la mission de l’Église. Le pape nous invite enfin à adopter un véritable «style de vie samaritain», fraternel, courageux et solidaire envers tous ceux qui souffrent.
En cette Journée mondiale des malades, que chacun de nous accepte de se laisser interpeller et d’oser, par un geste simple et concret, devenir le « prochain » d’une personne souffrante.
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Paroisses Hebdo n°331
Dans un monde qui associe volontiers le bonheur à la réussite, au confort et à la reconnaissance sociale, les Béatitudes proclamées par le Christ résonnent comme une provocation douce mais radicale : « Heureux les pauvres de cœur » , « heureux les doux », « heureux ceux qui pleurent… »
« Heureux » : Jésus ne nie pas le désir de bonheur inscrit au plus profond du cœur humain. Au contraire, il vient l’éclairer et le purifier. Les Béatitudes ne sont pas un idéal inaccessible ni un lot de consolation pour les perdants ; elles sont une révélation du cœur même de Dieu et du chemin qui conduit à la vraie vie. Le bonheur selon le Christ ne se confond pas avec l’absence d’épreuves, mais avec une relation vivante avec Dieu, capable de transformer toute situation.
Être « pauvre de cœur », c’est reconnaître que tout est reçu ; que notre sécurité ultime ne repose ni sur nos possessions ni sur nos performances, mais sur la fidélité de Dieu. Être « doux » n’est pas être faible, mais refuser la violence pour choisir la force de l’amour. Pleurer, avoir faim et soif de justice, être persécuté… Derrière ces réalités humaines apparaît le visage de celui qui les a assumées et vécues en plénitude : le Christ. Oui, Jésus est par excellence le pauvre, le doux, le persécuté, celui qui remet tout entre les mains du Père.
À contre-courant des logiques du monde, le Christ ouvre avec les Béatitudes un chemin de liberté intérieure et nous révèle le véritable secret du bonheur : dès lors que nous sommes avec Dieu, peu importe ce qui peut se passer autour de nous. Même dans les moments les plus difficiles, Dieu est présent. Au moment de mourir, sainte Thérèse d’Avila résuma les Béatitudes en une formule que nous pouvons parfois goûter ici-bas et que nous espérons vivre pleinement dans le Royaume à venir : Celui qui possède Dieu ne manque de rien, Dieu seul suffit.
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