Secteur Amiens-centre — églises St-Roch, St-Jacques, Cathédrale, Sacré-Cœur et St-Leu.
Paroisse Hebdo n°363
En France, on fleurit les tombes à la Toussaint. On s'amuse parfois de voir confondus la fête des saints et le jour des morts. Cette confusion n'est pourtant pas si fausse. Il y a environ mille ans, saint Odilon, abbé de l'immense abbaye de Cluny, demanda à ses moines de faire mémoire de tous les défunts au lendemain de la Toussaint ; cet usage gagna progressivement toute l'Église et ancra de façon solide notre façon de prier pour le repos de l'âme de nos morts.
Durant ces deux jours de la Toussaint et du 2 novembre, nous contemplons « une foule immense » (Ap 7, 9), ceux qui sont arrivés, et nous prions pour ceux qui sont encore en chemin. Car l'Église est une seule famille : certains de ses membres marchent encore sur la terre, d'autres déjà morts achèvent leur purification, d'autres contemplent déjà Dieu face à face, et tous demeurent unis dans le Christ. Nos défunts ne sont pas si loin de nous ! Et notre charité ne doit pas s'arrêter à la grille du cimetière. L'Écriture nous enseigne en effet que prier pour eux est « une pensée sainte et pieuse » (2 M 12, 46).
C'est justement le sens de l'indulgence que l'Église accorde en ces jours. Le mot fait sourire : on pense aux trafics du XVIe siècle dénoncés par Luther et abolis par le concile de Trente. Rien ne s'achète, pourtant. Prenons un enfant qui brise une vitre en jouant au ballon. Son père lui pardonne de bon cœur ; la vitre n'en reste pas moins à remplacer. Il en va de même du péché : le pardon de Dieu efface la faute, mais le désordre qu'elle a causé, en nous et autour de nous, demande encore réparation, ici-bas ou au purgatoire. L'indulgence, c'est la famille qui paie la vitre : l'Église puise dans son trésor — les mérites du Christ et des saints — pour régler ce qui reste dû (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1471-1479). Or nos défunts ne peuvent plus rien réparer eux-mêmes ; nous pouvons le demander pour eux. Voilà pourquoi l'indulgence de cette semaine ne profite qu'à eux : on ne la gagne pas pour soi, on la leur offre. Les saints du ciel et les vivants de la terre viennent ensemble au secours des morts.
Concrètement : chaque jour jusqu'au 8 novembre, visitez un cimetière et priez pour les défunts, ne serait-ce qu'en silence. Ce lundi 2 novembre, entrez dans une église pour y prier le Notre Père et le Credo. Les conditions habituelles — confession, communion, prière aux intentions du pape — sont rappelées plus bas. Ce dimanche après-midi, la bénédiction des tombes vous en offre peut-être l'occasion ?
Tous les saints de Dieu, priez pour nous ! Et que les âmes des fidèles défunts, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix.
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