Paroisses Hebdo n°281
La fête de Noël est, d’un commun accord, la plus belle des fêtes. Ou du moins, elle devrait l’être. Nous rêvons d’un Noël réussi, d’un moment idyllique. Ceux qui devront affronter la solitude rêvent de compagnie. Ceux qui devront affronter leur famille rêvent de retrouvailles heureuses, sans disputes ni blessures, anciennes ou nouvelles. Tous, enfin, rêvent de mets succulents qui satisferont pour de bon notre éternelle insatisfaction (ce qui nous conduit immanquablement à beaucoup trop manger). Le Noël parfait nous échappe, comme un rêve.
Peut-être est-ce mieux ainsi. Le risque serait trop grand de pouvoir se passer de Jésus. Un monde parfait n’aurait pas besoin de Sauveur. Un Noël idyllique fermerait la porte au Christ.
Le vrai Noël n’est pas un rêve, mais un fait, brut et solide, proclamé par l’ange : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » Il est né le Sauveur, celui qui vient habiter notre solitude, établir la paix dans nos familles, combler notre faim et notre soif d’infini, le Dieu-avec-nous, le Prince de la Paix, le Pain vivant, offert dans la mangeoire de Bethléem, qui signifie « maison du pain ».
La réalité vaut mieux qu’un rêve. Or la réalité, c’est la nôtre, pauvre et imparfaite, et c’est celle de Dieu, qui se fait pauvre, pour nous rejoindre dans nos misères. Et pour les transformer. Par la force de son amour qui nous tend les bras dans l’Enfant de la crèche. Par la puissance de l’Esprit qui illumine notre solitude, qui répand sur nos disputes le baume bienfaisant du pardon possible, qui garde notre faim et notre soif pour le repas des noces de l’Agneau dans la Nouvelle Jérusalem.
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Paroisses Hebdo n°280
Tout événement important nécessite une préparation, et Noël ne fait pas exception. Comme pour un mariage, il est tentant de se concentrer davantage sur les aspects matériels que sur la préparation spirituelle. Pendant l’Avent, on se perd souvent dans la décoration des sapins, l’installation de crèches monumentales, le choix du menu ou le casse-tête annuel des cadeaux. Une bonne astuce pour trouver un cadeau est de demander conseil à quelqu’un qui connaît bien la personne ou encore de lui poser directement la question. Mais, c’est prendre le risque qu’elle nous interroge en retour sur ce que nous aimerions recevoir, ce qui ne fait que déplacer le problème…
Autrement, il y a la stratégie de l’imitation qui consiste à s’inspirer des cadeaux que cette personne a offerts par le passé. Cependant, ne perdons pas de vue l’essentiel : Noël célèbre l’anniversaire de Jésus !
A-t-on seulement pensé à lui offrir un cadeau ? Drôle d’anniversaire où tout le monde reçoit des cadeaux sauf celui qui est à l’honneur ! Que pouvons-nous lui offrir ? De l’or, de l’encens, de la myrrhe? Pas très original, trois amis le fournissent déjà. Alors, qu’est-ce qui pourrait vraiment lui faire plaisir ? Prenons le temps de discerner cela dans la prière et utilisons le stratagème décrit plus haut : demandons conseil à l’Esprit-Saint qui le connait bien ou posons directement la question à Jésus.
C’est prendre le risque qu’il nous réponde : "Et toi, que veux-tu que je fasse pour toi ? Quelle grâce de Noël attends-tu ?" Cela nous invite à réfléchir à ce que le Seigneur nous a déjà offert les années précédentes. Au fond, n’est-il pas lui-même le vrai cadeau de Noël ?
Et si cette réflexion nous inspirait notre propre offrande ? Cela pourrait être un engagement : prier davantage, servir les autres, renoncer à une mauvaise habitude, accorder un pardon difficile, ou offrir du temps à des personnes seules. En somme, tout geste manifestant le don de soi, car, au final, le seul cadeau qui fait vraiment plaisir à Jésus, c’est nous-mêmes. Encore faut-il que ce cadeau soit présentable ! La confession de Noël est un bel échange où nous accueillons le Sauveur et nous nous donnons à lui dans une vie renouvelée.
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Paroisses Hebdo n°279
La France et le monde ont les yeux tournés ce week-end vers la cathédrale Notre-Dame de Paris. Après des années de silence imposées par les flammes dévastatrices de 2019, Notre-Dame renaît enfin, avec toute sa majesté.
Lorsque la flèche a été réinstallée, c’est tout un symbole qui a retrouvé sa place dans le ciel de Paris. Car cette cathédrale n’est pas seulement un joyau architectural, conjuguant l’art et la foi, elle est aussi un haut lieu du christianisme occidental et un symbole de la France, fille aînée de l’Église. Depuis le XIIᵉ siècle, elle témoigne des grandes heures de l’histoire de notre pays.
En redonnant vie à Notre-Dame, notre nation a su honorer son héritage et relever de nombreux défis. Cette reconstruction témoigne ainsi du refus de laisser les flammes détruire notre passé. Les cloches vont maintenant de nouveau résonner et continuer de porter le message de la foi. Elles nous rappelleront que, malgré les épreuves, la lumière finit toujours par triompher. Notre-Dame de Paris est là pour rester, défiant le temps, et rappelant à chacun que, même face aux flammes, l’espoir ne peut mourir.
Et au-delà de l’architecture, c’est l’esprit de cette cathédrale qui renait aujourd’hui. Notre-Dame redevient ce lieu où l’on peut chercher la rencontre avec le Ciel et trouver l’apaisement, tel Paul Claudel, témoignant du mystère de la foi que ses bâtisseurs nous ont transmis.
Un autre défi s’ouvre désormais ! Dans une France où le modèle paroissial est malheureusement en crise, les hauts lieux patrimoniaux marqués par le christianisme gardent une place particulière pour tous ceux qui sont en quête de sens. À Notre-Dame de Paris, comme chez nous à Amiens, il est important que ces édifices soient habités, qu’ils portent le signe d’une communauté rassemblée et vivante, témoignant que le Christ est vivant au milieu de nous, qu’Il nous guide vers le Ciel, et que sa Mère, Notre-Dame, est vraiment présente à nos côtés.
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Paroisses Hebdo n°278
Il semble de plus en plus difficile pour les chrétiens de vivre véritablement le temps de l’avent, tant cette période liturgique est occultée par les décorations publiques et les campagnes publicitaires de la grande distribution : dès la mi-novembre… c’est déjà Noël ! A peine les citrouilles d’Halloween rangées, on installe déjà le sapin et les guirlandes, le père Noël et la crèche. Les rois mages ne sont pas encore arrivés, mais les galettes des rois sont déjà là… Sans même avoir attendu l’enfant Jésus, évidemment.
Tout ceci est le symptôme d’une société qui a perdu le rapport au temps. L’attente disparaît au bénéfice de l’impatience ; le désir au profit de l’immédiateté.
Or, la liturgie de l’avent ne nous entraîne pas d’emblée vers la crèche. Elle nous situe d’abord dans le temps. Avec les prophètes, elle nous fait attendre le Sauveur, le Prince de la Paix, le Messie : Celui qui, de la crèche à la croix, nous a montré le visage du Père, l’Amour en personne: Jésus.
Les lectures du début de l’avent nous disent que ce même Jésus reviendra dans la gloire, au dernier jour, établir son Royaume de Justice. Entre sa première venue (historique) et la seconde (à la fin des temps), voilà donc quelle est notre place.
Notre époque peut nous sembler triste, sombre, tourmentée. Vouloir y échapper en nous réfugiant dans l’agitation et la consommation est une tentation évidente. Pourtant, notre regard n’est plus vraiment le même si nous parvenons à nous situer justement dans le temps de Dieu : déjà sauvés par la venue du Christ, et en attente de son triomphe final. Nous voilà « coincés » entre ces deux moments décisifs de l’Histoire. Toute notre vie, toutes nos joies et nos peines sont à inscrire entre ces deux évènements.
Voilà une Bonne Nouvelle qui vaut bien que l’on s’y arrête un moment : c’est l’avent !
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