Paroisses Hebdo n°230
L’actualité meurtrière dans notre pays, les conflits au Proche-Orient, en Arménie, en Ukraine, le péril économique et écologique sont autant de raisons de perdre notre joie et notre espérance ! Croyants ou non, nous sommes tous marqués par la peur de la solitude, de la mort, de la souffrance…
Certes, la peur est un sentiment humain légitime. Mais depuis le péché originel, nous savons aussi qu’elle vient dominer l’homme lorsqu’il se détourne de Dieu et veut vivre par lui-même, loin de Dieu et loin des autres : « J’ai pris peur et je me suis caché » dit Adam au Créateur dans le récit de la Genèse. Nous craignons la peur mais elle nous fascine, comme en témoigne le succès des films d’épouvante ou la fête d’Halloween.
Pour que la peur puisse être évangélisée, il a fallu attendre la venue du Fils de Dieu qui, en se faisant homme, n’a pas eu peur d’avoir peur. Dans son agonie, Jésus a assumé toutes nos peurs, afin que nous ne nous laissions plus paralyser par elles : peur du rejet, de l’échec, peur d’une mort absurde et inutile, peur de se tromper, de rater sa vie, peur de faire confiance.
En suivant l’exemple du Christ et des saints, nous pouvons dépasser nos peurs et regarder vers le Père, vers une destinée qui s’écrit bien au-delà de notre horizon terrestre.
Quand Halloween célèbre les morts qui viennent nous hanter, la Toussaint nous assure de la prière de ceux que nous voulons imiter : tant d’hommes et de femmes qui ont connu comme nous la souffrance et la peur, mais qui ont troqué l’inquiétude de la mort contre le courage de vivre ; l’angoisse d’une liberté fragile contre des choix audacieux ; la crainte des esclaves contre la confiance aimante des fils de Dieu.
« Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes » écrivait saint Paul (1 Co 15, 19). Avec le Christ et avec tous les saints, entrons dans l’espérance de la vie éternelle qui, pour nous, est déjà commencée !
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Paroisses Hebdo n°229
Chaque année, le 3ème dimanche du mois d’octobre, nous fêtons la journée de la Mission universelle de l’Eglise. L’ordre des mots compte : il ne s’agit pas tant d’une journée universelle ou mondiale de la Mission, comme s’il fallait mettre en avant et souligner l’importance des activités missionnaires dans nos paroisses et dans nos vies personnelles de chrétiens ; mais il s’agit bien de mettre l’accent sur la dimension universelle de cette mission et donc de nous décentrer de nos légitimes (pré-)occupations au sujet de la France comme pays de mission.
Dans le Credo nous affirmons que nous croyons que l’Eglise est « une et catholique ». Cela signifie qu’en tant que catholique en France je ne peux pas me désintéresser des besoins et des efforts de l’Eglise dans les autres parties du monde. Nous sommes un. C’est le même corps. Et chaque membre apporte sa contribution au bien du corps entier.
Alors oui, il faut le dire en toute franchise : il n’y a sans doute plus beaucoup de prêtres, de religieux ou de religieuses disponibles chez nous pour les envoyer dans les pays de mission ; mais nous avons souvent, en comparaison avec ces pays, bien plus d’argent. Alors nous envoyons ce que nous avons. C’est le sens de cette quête en faveur des Œuvres Missionnaires Pontificales (OPM). Et comme rien dans la mission universelle de l’Eglise ne pourrait porter du fruit sans la grâce de Dieu, même pas notre argent, nous accompagnons notre offrande de nos prières ferventes !
Samedi 21 et dimanche 22 octobre : Quête aux sorties des messes pour les Œuvres Missionnaires Pontificales (OPM)
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Paroisses Hebdo n°228
"Dieu ne joue pas aux dés" disait Albert Einstein et c’est vrai car Dieu ne fait rien au hasard. Mais "Dieu est-il un joueur d'échecs", ce jeu où réflexion, stratégies et tactiques prennent le pas sur le hasard ? Cette question est le titre d'un opus en quatre tomes qui s'interroge sur les mystères de la liberté et de la prédestination. Si Dieu est providence et s’il prédestine, y a-t-il vraiment une liberté humaine ?
Le jeu d’échecs nous laisse entrevoir la solution car si tous les coups de l’adversaire sont parfaitement libres, un bon joueur peut maîtriser et diriger la partie jusqu’à l’échec et mat en anticipant les coups, en acceptant de perdre des pions et parfois même de se faire prendre une pièce majeure. Ainsi Dieu, nous laissant libres, accepte jusqu’à nos péchés tout en nous guidant jusqu’au salut.
Sainte Thérèse d’Avila, amatrice du jeu d’échecs, l’enseignait à ses sœurs carmélites en récréation. Son manuscrit de Valladolid compare la méditation, préparation nécessaire à la pratique des vertus, à la disposition des pièces dans une partie d'échecs. Si quelqu'un ne sait pas les disposer correctement, il ne pourra pas jouer efficacement.
Elle évoque ensuite l'idée de faire échec et mat au "divin Roi", en se servant de l’humilité représentée par la dame : « la dame est la pièce qui peut faire le plus contre lui, bien que les autres pièces concourent au même effort. »
Je vous invite à approfondir cette allégorie spirituelle en participant au tournoi d’échecs paroissial qui aura lieu l’après-midi du dimanche 26 novembre : Informations et inscriptions : tinyurl.com/TournoiEchecsParoisse23
Que les scrupuleux se rassurent, saint François de Sales range ce jeu dans les récréations « loysibles et louables ». Quant à ceux qui doutent de la portée pastorale d’un tel évènement, c’est peut-être qu’ils ne calculent pas suffisamment de coups à l’avance 😉!
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Paroisses Hebdo n°227
Au lendemain de son arrivée tonitruante à Jérusalem, Jésus entre en débat au Temple avec les grands prêtres. Pour répondre à leur refus de lui reconnaitre une quelconque autorité, Jésus donne une parabole en prenant une nouvelle fois l’image de la vigne.
La vigne tient une place particulière dans l’histoire du peuple juif. La Palestine, terre de vignobles, permettait à Israël de goûter à ce beau fruit qui donne le vin. La vigne d’ailleurs ne vaut que par son fruit ! Son bois est sans valeur, et ses sarments stériles ne sont bons que pour le feu.
Beaucoup de prophètes ont présenté Dieu comme propriétaire de cette vigne qu’est le peuple juif, et aussi comme vigneron pour lui faire porter du fruit.
Jésus, reprenant la parabole d’Isaïe de la première lecture, résume ainsi l’histoire du peuple élu : Dieu n’a cessé d’attendre les fruits de sa vigne; mais au lieu d’écouter les prophètes qu’il a envoyés, les vignerons les ont maltraités. Comble d’amour, il envoie son Fils bien-aimé ; en réponse, les chefs du peuple vont pousser leur infidélité jusqu’à tuer le Fils dont la vigne est l’héritage.
C’est pourquoi la mort de son Fils marquera une nouvelle étape à partir de laquelle la vigne sera donnée à d’autres vignerons. La victoire du Seigneur ne sera pas dans un jugement vengeur envers ces mauvais vignerons, mais dans la fidélité à son Fils, pierre rejetée devenue pierre angulaire sur laquelle il va édifier l’Église.
Comme membres de l’Église par notre baptême, nous sommes les sarments de cette vigne du Seigneur. Cela ne peut être source d’orgueil, au risque autrement de nous approprier les dons du Seigneur et de les perdre par la même occasion ! C’est une invitation à chercher à rester unis au Christ, afin que sa sève passe dans nos âmes, et ainsi à porter du fruit.
Soyons vigilants avec les grâces que le Seigneur nous donne (lesquelles peuvent correspondre, pour une part, à des talents naturels), à ne pas nous les approprier pour nous seuls ou les développer pour notre image, mais à les mettre au service des autres afin de porter de bons fruits.
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Paroisses Hebdo n°226
Au travail, en famille ou dans notre voisinage, les occasions de disputes ne manquent pas. Le démon sait jouer de notre orgueil ou de notre fatigue pour nous faire réagir au-delà de ce que la justice nécessiterait. Lorsque l’on est sûr de son bon droit, on peut être tenté de faire « plier » l’autre. La Parole de Dieu nous indique pourtant un autre chemin : « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres, supérieurs à vous-mêmes ». Il ne s’agit pas tant de rabaisser l’autre que de vouloir l’élever, en commençant par s’abaisser soi-même. Il ne suffit pas de dire une vérité : pour qu’elle atteigne son but, elle doit être dite dans la charité.
« Qui s’abaisse sera élevé »
Entendons-nous bien : la sainteté ne consiste pas à être parfait,mais à toujours se relever. Mieux vaut parfois une chute suivie d’un « je te demande pardon », plutôt qu’une colère rentrée et entretenue qui s’installe et macère en notre âme.
Nos mouvements d’humeur sont inévitables. Mais passée la réaction instinctive, primaire, notre conscience nous offre toujours une seconde chance. C’est le moment de la conversion, comme pour l’enfant de la parabole de ce dimanche qui dit à son père « Je ne veux pas » mais qui, s’étant repenti, finit par aller à la vigne. On dit souvent que dans une dispute, c’est le plus sage qui fait le premier pas.
Pensons alors au Christ : lui qui était sans défaut et sans tâche a pourtant fait le premier pas. « Il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, (…) il s’est abaissé ». Et c’est en raison même de cet abaissement que le Père l’a glorifié : « C’est pourquoi Dieu l’a exalté. » Dieu ne nous aime pas « d’en-haut » ; il nous aime « d’en-bas ». Et il nous invite à faire de même pour nos frères. Car l’homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genoux.
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