Paroisses Hebdo n°191
Les paroles de l’ange adressées aux bergers de Bethléem dans la nuit de Noël nous rejoignent par-delà les siècles : « aujourd'hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Lc 2, 13). Jésus est le Christ, le Messie attendu par le peuple juif. Il est aussi le Fils de Dieu, devenu un homme comme nous, sans perdre sa divinité. Il est venu nous manifester son amour et la miséricorde du Père. L’enfant présent dans la crèche exprime de manière simple cet amour qui nous est offert. En découvrant en lui cette double nature divine et humaine, nous percevons jusqu’où l’amour de Dieu peut aller.
Il nous rejoint en embrassant notre condition humaine, car celui qui aime se rend toujours proche de celui à qui il veut le manifester.
Il n’a pas craint de s’abaisser jusqu’à reposer dans une mangeoire, car celui qui aime fait toujours preuve d’humilité pour rendre possible la communion.
Il est emmailloté en ces premiers instants, comme il le sera dans les derniers avec le linceul au tombeau, comme pour mieux nous signifier qu’il acceptera de livrer sa vie par amour pour nous.
En voyant Jésus à la crèche, nous voyons que Dieu ne détourne pas son cœur devant nos faiblesses, nos misères ou nos péchés. En nous sachant aimés ainsi, notre cœur peut retrouver son mouvement naturel qui est de se laisser aimer, et d’aimer en retour ! En l’accueillant, nous pouvons recevoir dès maintenant comme un don la Paix annoncée par les anges. La vraie paix vient de Dieu et elle enveloppe ceux qui se laissent aimer par Lui. Confions-lui notre monde afin que grandisse l’Espérance.
Je vous souhaite, avec mes frères prêtres, un Joyeux et Saint Noël. Que l’enfant Jésus vous bénisse et qu’Il nous donne sa Paix !
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Paroisses Hebdo n°190
L’Évangile de ce dimanche nous place aux côtés de saint Joseph lorsque la grossesse de Marie déroute son projet de vie. La venue de Dieu dans le monde est LA bonne nouvelle, mais pour Joseph… cela ressemble d’abord à une sacrée épreuve ! Dans sa désolation, Joseph reste pourtant un homme de foi : sa confiance dans la Parole et les promesses de Dieu font de lui « un homme juste ».
Il sait faire silence pour écouter la voix du Seigneur qui lui parle et, finalement, se rendre disponible, comme Marie, à entrer dans le projet divin. En se dessaisissant de son projet personnel, Joseph « permet » à Dieu d’entrer dans l’humanité à travers la lignée de David. Après le « oui » de Marie, il fallait le « oui » de Joseph pour que le Sauveur puisse venir dans le monde !
A l’approche de Noël, nous sommes tous appelés à imiter l’écoute et la foi de Joseph en faisant preuve d’audace et de discernement dans nos relations avec nos frères et sœurs et à travers les épreuves et les imprévus qui ne manquent pas dans notre vie ! Nous sommes également invités à dépasser notre amour-propre, nos égoïsmes, et nos projets personnels pour nous rendre plus disponibles à écouter et discerner la volonté de Dieu.
Comme il y a 2000 ans, Dieu veut passer par nous pour se manifester au monde. Dans cet Avent 2022, Dieu veut passer par nous pour donner une paix, une joie, un sourire, une sérénité à notre prochain, dans notre famille.
Comme Joseph, ne fermons pas notre cœur à ce projet de Dieu. Célébrer Noël, c’est ne pas craindre d’accueillir la voix du Seigneur qui résonne dans nos cœurs. Célébrer Noël, c’est prendre chez soi Marie, et avec elle le « Dieu-avec-nous », Jésus, le Dieu qui sauve.
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Paroisses Hebdo n°189
Le troisième dimanche de l’Avent, le fameux dimanche en rose, est aussi appelé Gaudete. C’est du latin et c’est tiré de saint Paul : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie » (Ph 4,4). Dimanche de la joie donc. Il faut être dans la joie. Mais peut-on commander la joie ? Ne risque-t-on pas les pires grimaces et hypocrisies en exigeant la joie à tout instant ? Le fait est que la joie ne dépend pas que de nous. Je ne peux pas me mettre en joie sur commande. Je ne peux ni la fabriquer ni l’acheter, même s’il est en mon pouvoir de la gâcher. Il n’y a pas de technique ou de de substances infaillibles pour me procurer la joie, tout au plus le plaisir. Et même la philosophie ne me conduira pas plus loin qu’un sage contentement.
Alors la question se pose à chacun de nous : au fond, de quoi dépend ma joie ? Du résultat de la France en quart de finale à la coupe du monde ? Du cadeau de Noël qu’on m’offrira ? Du sourire de ceux à qui j’offre un cadeau ? De la bonne atmosphère lors des repas de famille qui s’annoncent ? De l’amour dont je suis aimé ?
Il semble bien que dans tous les cas, la source de la joie n’est pas en moi ou en mon pouvoir. Je dépends du bon vouloir des autres et des évènements, tous deux si aléatoires et éphémères. Sauf si… sauf s’il y avait quelqu’un qui m’aime d’un amour fidèle et durable, que rien, même pas la mort, ne pourrait atteindre ou éteindre, dont je pourrais être sûr quoiqu’il arrive, quoique je fasse.
Mais encore faut-il y croire. Croire à l’amour de Dieu pour moi. Croire à la fidélité de Dieu qui se lie à ma vie par son Incarnation. Croire à cette source de joie intarissable. Croire, et venir y boire. « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent! » nous lance le prophète Isaïe aujourd’hui.
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Paroisses Hebdo n°188
Les temps de l'Avent et de Noël sont marqués par un grand nombre de traditions qui font leur charme et leur succès bien au-delà des frontières visibles de l'Eglise. Crèches, guirlandes et illuminations, sapins, couronnes et calendriers de l'Avent, cadeaux, chants et contes de Noël font partie de cette ambiance si caractéristique qui entoure la célébration de la naissance du Sauveur.
Nous nous réjouissons, en tant que chrétiens, que l'anniversaire de Notre-Seigneur soit perçu par le grand nombre comme un évènement joyeux et familial et nous sommes prêts à défendre ces traditions entrées dans notre culture. Cependant, ne devons-nous pas prendre garde que tout cet apparat n'occulte l'essentiel du mystère célébré ?
En effet tout cet imaginaire "de la magie de Noël" qui a tant marqué notre enfance ne devrait pas nous laisser dans l'infantilisme spirituel (à bien différencier de "l'enfance spirituelle" de Ste Thérèse). Celui-ci consiste à considérer le mystère de Noël, comme une belle histoire pour enfant au même titre que la mythologie du Père Noël laquelle finit par laisser de l'amertume lorsque le mensonge des parents est percé à jour. Noël est d'abord et avant tout la belle histoire de Dieu qui se fait homme pour sauver les hommes.
Noël est une fête éminemment joyeuse car l'attente du salut qui tiraille le cœur de l'homme trouve son accomplissement dans l'Avènement du Verbe Divin en ce petit enfant, né à l'écart des fastes du monde. Noël est l'histoire de notre Sauveur qu'il faut accueillir dans la simplicité d'un cœur humble et contrit. La pédagogie de la liturgie de ce deuxième dimanche l'Avent ne s'y trompe pas en nous appelant à la conversion avec la figure de Saint Jean Baptiste si chère aux Amiénois.
Se préparer à la venue du Sauveur le jour de Noël, c'est avant tout préparer son âme par une prière renouvelée et une pénitence sincère. Prenons au sérieux la préparation à la venue du Sauveur prêchée par le Baptiste en reconnaissant nos péchés et notre besoin de salut en nous plongeant dans le bain de la Miséricorde. Pas meilleure préparation à Noël qu'une bonne confession* !
*Une bonne confession est celle qui "produit un fruit digne de la conversion" (Mt 3, 8)
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