Paroisses Hebdo n°163
La résurrection de Jésus est un événement tellement inouï dans l'histoire qu’à l’instar des disciples, nous avons du mal à adhérer ; notre esprit achoppe devant ce mystère. Pourtant, les disciples étaient un peu préparés : ils avaient assisté à la résurrection du fils de la veuve de Naïm, ainsi qu’à celle de Lazare. Ils connaissaient aussi celles de l’Ancien Testament.
Il y a toutefois une grande différence : tous ceux qui étaient ressuscités sont retournés à une vie mortelle, et tous ont fini par mourir à nouveau. Avec Jésus en revanche tout est différent. Il ne retourne pas à sa vie d'avant. Son corps de chair est transformé ; il devient immortel, glorieux. C'est cette transformation en esprit et lumière que les disciples ne parviennent pas à comprendre. Voilà pourquoi ils sont encore dans le doute.
Or Jésus ne prend pas la parole pour « expliquer rationnellement » le mystère de sa résurrection, en raconter le « comment ». Au contraire, il donne à faire l’expérience de la résurrection, une expérience que l’on peut faire aujourd’hui comme hier. Il veut que ses disciples, et nous aussi aujourd’hui, puissions constater, chacun, personnellement, qu'il y a une identité parfaite entre le Crucifié par amour et la personne qui se tient en notre présence. Une fois que cette vérité parvient dans le cœur, alors tout le reste suit.
Si je ne suis pas prêt à croire en cette vérité, même les explications les plus lumineuses ne me serviront à rien. Beaucoup de livres nous en parlent, mais nous n'avons plus le Christ. Jésus désire que nous puissions croire en lui, le posséder, cheminer à ses côtés. C’est pourquoi, comme pour les apôtres et les disciples d’Emmaüs, la pédagogie de Jésus veut commencer par nous ouvrir l'esprit à l’intelligence des Ecritures : elles renferment son mystère.
Demandons au Seigneur d’être renouvelés dans notre désir de mieux connaître les Ecritures. « Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ », dit saint Jérôme. A l’inverse, plus que collectionner toutes les preuves et les explications, connaître les Ecritures, c’est pouvoir adhérer au Ressuscité.
Belle fête de la Résurrection à tous !
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Paroisses Hebdo n°162
La liturgie de ce dimanche exprime par deux cérémonies, l’une empreinte de joie, l’autre de tristesse, les deux aspects sous lesquels l’Eglise considère la Croix. La bénédiction des rameaux et la procession commémorent dans l’allégresse l’entrée triomphale du Seigneur à Jérusalem. Il est reconnu comme le Messie, celui annoncé par les prophètes, « celui qui vient au nom du Seigneur » pour la libération d’Israël.
Le récit de la Passion nous plonge dans le drame du Serviteur souffrant qui prend sur lui nos péchés et leurs conséquences, la souffrance et la mort. Nous ne sommes pas extérieurs à ce drame et ne pouvons rester indifférents. Nous nous reconnaitrons en effet dans chacun des personnages de ce récit.
Pécheurs, nous sommes comme Judas qui livre Jésus, Simon-Pierre qui le renie et les autres Apôtres qui l’abandonnent dans la crainte. Nous sommes Hérode curieux de ce prophète intrigant ainsi que Pilate qui ne va pas jusqu’au bout de sa conviction intime et qui s’en lave les mains, indifférent. Nous sommes membres du sanhédrin qui juge le Fils de Dieu et le condamne, membres de la foule qui lui préfère Barabbas et hurle « Crucifie-le, crucifie-le » et des soldats qui le maltraitent sans pitié.
Mais chrétiens, nous sommes aussi saint Jean qui reste fidèle jusqu’à la croix grâce à sa fidélité à Marie. Nous sommes Véronique qui essuie tendrement le visage du Christ et Simon de Cyrène qui porte avec lui la Croix. Nous sommes le Centurion qui reconnaissons le Fils de Dieu en ce cadavre pendu au gibet. Nous sommes le bon larron qui trouve son salut en reconnaissant l’Innocent qui meurt à ses côtés.
Non ! Vraiment cette histoire que nous allons entendre n’est pas une autre histoire que la nôtre ! Vivons-la intensément. Entrons toujours plus « dans les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » en cette Heure où il accomplit notre rédemption.
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Semaine Sainte
Journée du pardon
Paroisses Hebdo n°161
Le pèlerinage paroissial à Douai est l’occasion de prendre conscience de la fugacité de notre vie. Nous sommes des pèlerins sur cette terre. Nous ne sommes que de hôtes de passage. Partir en pèlerinage nous rappelle à notre condition humaine soumise aux aléas (la neige ou le soleil, les ampoules, les rencontres inattendues, la faim ou la soif, les incertitudes…). Cela nous pousse aussi à nous souvenir que nous avons un but qui dépasse le seul fait de vivre dans ce pays, à cette époque, dans telle famille : nous sommes faits pour le Ciel, nous cheminons vers un monde nouveau qui est notre destination ultime.
Reconnaître que nous n’avons pas de demeure définitive sur cette terre nous rend beaucoup plus libres paradoxalement. Celui qui n’a pas d’autres horizons que cette existence terrestre, celui qui fait de ce monde son paradis définitif est déjà en enfer. En effet, il demande à sa vie, à sa famille, à son travail, à sa santé, à ses amis d’être ce qu’ils ne peuvent pas être : la perfection. Il exige de sa vie une plénitude qu’elle ne pourra jamais lui procurer et il accumule déceptions et frustrations, jusqu’à se mentir à lui-même.
Au contraire, lorsque j’accepte ma condition pèlerine, je peux goûter à la liberté de ne pas considérer la terre, les autres, ou ma propre vie comme des biens dont je dois profiter avec une avidité jamais rassasiée. J’apprends la liberté d’aimer avec chasteté, avec responsabilité et gratitude, comme un pèlerin laisse après son passage une place plus belle, un monde meilleur qu’il peut remettre entre les mains de Dieu.
Oui, pèlerin, je me souviens que mon voyage se terminera un jour, qu’il me faudra laisser ce que je possède, ma maison, mes amis, ma famille pour rejoindre Celui qui m’appelle à tout quitter pour Le suivre.
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