Paroisses Hebdo n°152
Je vous écris ce petit mot de Lourdes où, sous le regard de Notre-Dame, en compagnie d’une centaine de prêtres, je fais ma retraite spirituelle. Chaque année, les uns après les autres, les prêtres de nos paroisses prennent quelques jours pour se mettre à l’écart, avec Jésus, cherchant dans la solitude et le silence un renouveau de la prière.
Que seraient les prêtres sans la prière ? Ils sont les hommes de Dieu. Ils ont été choisis par Dieu, consacrés et envoyés auprès de vous pour être les témoins de l’Invisible. Que seraient les prêtres sans la récitation quotidienne de la prière des Heures (le Bréviaire), sans la fidélité à l’oraison et à la lecture attentive de la Parole de Dieu ? Que seraient-ils sans la célébration de la Sainte Messe, sans la prière du Chapelet, sans l’adoration eucharistique ? Ils ne seraient « qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante », car il leur manquerait l’Amour.
Oui, les prêtres sont appelés par le Christ pour être avec Lui dans le cœur à cœur de la prière entretenue chaque jour. C’est leur premier travail, leur raison d’être et la source de toute leur action apostolique. C’est parce qu’ils demeurent avec le Christ, qu’ils écoutent sa Parole, qu’ils marchent à sa suite, qu’ils reçoivent son Esprit, qu’ils peuvent accomplir leur mission dans le monde. Si les prêtres ne priaient plus, alors ils deviendraient inutiles, incolores, inodores, et sans saveur spirituelle.
Sans la prière, où puiseraient-ils l’inspiration de leurs homélies ou de leurs conseils spirituels ? En eux-mêmes ? Dans la pensée du monde ? Sans la prière, comment conduiraient-ils le Peuple de Dieu ? Sans la prière, comment pourraient-ils remporter les combats spirituels qui jalonnent chacune de nos existences ?
Chers frères et sœurs, sans la prière, sans votre prière, vos prêtres ne pourront pas devenir les saints dont vous avez besoin. Priez pour vos prêtres.
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Paroisses Hebdo n°151
L’Evangile de ce dimanche qui se conclut par cette phrase nous fait comprendre que c’est dans l’« aujourd’hui » de Dieu que s’accomplit sa Parole. Dieu est éternel et omniscient. Il transcende le temps dans un éternel présent et sait tout du passé, du présent et du futur en un seul regard. Il savait, quand il a inspiré par le Saint Esprit les rédacteurs des Saintes Ecritures, que nous nous mettrions aujourd’hui à son écoute dans le même Esprit. A nous de découvrir ce qu’il a voulu nous dire personnellement pour notre sanctification. Le Père Pinckaers compare la méditation de la Parole de Dieu au travail du boulanger.
Les sentences des Saintes Ecritures sont en effet comparables à des grains de blé qui contiennent un enseignement riche comme un germe de vie. La première étape consiste à retirer la balle qui enveloppe le grain, c’est-à-dire à dégager par la foi la Parole de ses enveloppes humaines pour arriver au grain vivant.
Il faut ensuite, pour obtenir de la farine, moudre ce grain par la méditation et la réflexion en liaison avec notre propre vie, mémoire et expérience. La mise en pratique de la Parole est semblable au pétrissage. Les exigences de l’action et ses difficultés, les résistances et les lenteurs pétrissent véritablement notre vie intérieure. Cela ne saurait se faire sans l’eau de la prière. Voilà le pain, enfin prêt à être mis au four pour être lentement purifié et offert en nourriture.
Une bonne pratique consiste à préparer à la maison les textes qui seront proclamés durant la liturgie pour qu’ils retentissent davantage dans notre âme. Il est en outre vivement recommandé de lire fréquemment les Evangiles in extenso. On comprend mieux de la sorte l’articulation des passages les uns avec les autres et on en tire plus de profit.
Comme les petits chiens décrits par la Syro-phénicienne du chapitre 7 de Saint Marc, efforçons-nous de ne pas perdre une miette de la Parole de Dieu !
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Paroisses Hebdo n°150
Saint Paul interrogeait déjà les Corinthiens : « Le Christ est-il donc divisé ? » mais les divergences n’ont cessé de s’accentuer entre les chrétiens au fil des siècles. L’extension du christianisme a fini par ignorer son origine juive. Les schismes ont éloigné les chrétiens. Pendant 19 siècles, le plan de Dieu pour l’Eglise, unique épouse, a été contrarié, pourtant Dieu n’est pas polygame !
La prière de Jésus : « Que tous soient UN comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi » a commencé à être exaucée seulement à partir de 1910, avec la naissance de l’œcuménisme moderne. Le courant pentecôtiste, ou Renouveau charismatique appelé « courant de grâce » par le pape François et l’œcuménisme, porteur d’unité, sont ensuite apparus comme deux grands courants, rapides, nouveaux, puissants, et convergents. L’Eglise authentiquement secouée par l’Esprit Saint, animée par la grâce a pris le chemin de l’unité de manière irréversible.
Cette convergence est reconnue théologiquement comme un signe des temps. Le Kaïros, le moment favorable, se réalise maintenant. Le temps du courage de la repentance et l’envie de réconciliation ont conduit, à la clôture du concile en 1965, par une déclaration simultanée, à la levée des excommunications entre les Eglises de Rome et de Constantinople. En 1999, l’Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale signent une déclaration conjointe. Cet acte de réconciliation reconnaît la justification par la grâce au moyen de la Foi dans le Christ. D’autres Eglises ont suivi depuis.
Nous sommes la première génération de chrétiens à être témoin du pardon entre les Eglises et pas seulement des héritiers de leur histoire. La 1 ère commémoration œcuménique s’est déroulée le 6 juin 2017, à Rome, à l’occasion du jubilé du Renouveau Charismatique qui a réuni une assemblée multiconfessionnelle de 50 000 personnes.
Prier pour l’unité de l’Eglise n’est pas une option, c’est un devoir. Quand nous prions ensemble, que nous sommes dans l’unité, nous entrons dans le regard que Dieu pose sur le monde, dans son désir le plus profond de voir les fils du genre humain tous réunis.
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Paroisses Hebdo n°149
J’ai rencontré ces jours-ci un beau vieillard, plus vieux que la prophétesse Anne et presque aussi sage que Siméon. Était-il mû par l’Esprit Saint ? Il avait senti la nécessité de voir un prêtre pour lui dire les pensées de son cœur sans les semer à tous vents. Il s’inquiétait de son Église deux fois millénaire et de ses membres qui faisaient mine de se scandaliser de la faute des leurs. Il me rappelait que toute messe commence par la reconnaissance par chacun devant les autres de ses propres péchés, péchés dont nous sommes pardonnés par les paroles d’absolution du prêtre. « Oui, me disait-il, après avoir lu, dans le courrier des lecteurs d’un célèbre quotidien catholique, une multitude de reproches faits à l’Église : qui sont ces pharisiens qui jugent ?
Pour ma part, si je regarde ma propre existence, je me mets au rang des anciens qui partirent immédiatement plutôt que de jeter la première pierre condamnant la femme adultère. » Je lui demandais : en ce début d’année, que souhaiteriez-vous aux fidèles ? J’ai beaucoup aimé sa réponse simple et lumineuse que je vous livre de mémoire. « Je leur souhaite de croire que Dieu est fidèle. Le chemin de la vie chrétienne n’est pas une allée de château, c’est un raidillon pierreux, sur lequel nous tombons et nous nous relevons. C’est normal de chuter, c’est la loi commune. Qui peut prétendre maîtriser toutes les passions qui l’animent ? L’expérience fréquente de notre faiblesse nous invite à l’humilité. Je leur souhaite une vie simple et sobre, car le bonheur est proche de celui qui n’est pas l’esclave de ses envies. »
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